Face à l’État canadien

L’économie politique du capitalisme canadien  

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne a été l’occasion pour nos élites de rabâcher le récit libéral vantant ce « beau et grand pays », prétendument caractérisé par un esprit de tolérance et d’ouverture. Loin de ces âneries, une autre histoire du Canada se dessine lorsqu’on s’intéresse à l’économie politique. Le Canada perd du coup ses habits de « plus beau pays au monde » pour retrouver, plus légitimement, ceux d’un État qui s’est construit selon les intérêts de sa classe dominante.

Nationalismes et identitarismes

Nègres blancs d’Amérique : énoncer le traumatisme

Paru en 1968, le livre qu’on ne présente plus de Pierre Vallières est sur le plan de la culture populaire, un incontournable, si l’on veut comprendre la genèse du Québec moderne et de sa fragilité. Il n’a pas la qualité historiographique et la profondeur intellectuelle de l’œuvre d’un Fernand Dumont, mais au même titre que le poème Speak White de Michèle Lalonde, le concept métaphorique de nègres blancs d’Amérique, transposé directement des luttes anticoloniales et étatsuniennes pour les droits civiques, a permis au peuple québécois de nommer et s’approprier la lutte contre la domination anglo-canadienne dont l’Église catholique québécoise était la complice et la garante. Cette domination a été véritablement traumatisante. Son énonciation émancipatrice.

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